12.1.15

Le Procureur Molins et la présomption d'innocence




Le Procureur de la République dirige la police judiciaire (article 12 du code de procédure pénale).

Quelques remarques:

1) Ces individus n’ont pas été jugés et ne le seront jamais puisqu’ils sont tous morts sans même avoir été simplement entendus… Ils sont donc présumés innocents pour l'éternité. En tous cas il est impossible d'instruire un procès équitable en quelques heures dans des affaires si complexes. On impute pas ainsi par des affirmations sans nuance des crimes si graves à des personnes désignées.

2) Si les "terroristes" n’avaient pas été tués, le peuple en aurait su un peu plus sur ces affaires. Molins ne s'explique pas vraiment sur la mort de ces trois personnes. Pourtant ce sont les forces de l'ordre qui les ont tuées. Les forces de l'ordre peuvent-elles tuer ainsi sans que des explications soient données ?

3) Avant les faits, on ne sait rien. En quelques heures après les faits on connaît tous les détails ?

4) La police a levé toutes les gardes à vue. Donc les proches de ces personnes désignées comme criminelles ne les ont pas aidées, ces "terroristes".

5) Ceux qui ont tiré sur Coulibaly (ou la personne présentée comme telle) alors qu'il était à terre et ne présentait aucun danger ont commis un crime qui ne sera pas poursuivi. Le procureur n'en parle même pas.

6) Selon le Procureur Molins on a d'un côté les bons et de l'autre, les méchants. Ces catégories sont immuables. Il y a les "terroristes" qui sont les méchants, irréfragablement méchants.

7) Le ton est donné aux journalistes et à toutes les institutions: on sait tout. Sur les faits centraux, rien ne reste à confirmer, tout est clair, la présomption d'innocence a disparu. Ma version est vraie, archi-vraie dit Molins. La conséquence non formulée mais nécessaire, c'est que ceux qui rappelleraient les principes du droit des peuples en les appliquant à ces affaires seraient des fous. Le droit naturel, c'est fou ! Si ! Si ! Logique nihiliste bien dans le ton de ceux qui proclament "Je suis Charlie".

Les journalistes et les politiciens n'ont plus qu'à répéter, répéter, répéter... comme pour l'affaire Mérah et bien d'autres affaires historiques...

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